Le 12 mai, Marie-George Buffet et Pierre Laurent écrivaient une lettre à leurs partenaires du Front de Gauche. Le Parti de Gauche vient de faire sa réponse. Voici celle de Gauche Unitaire.
À Marie-George BUFFET et Pierre LAURENT
À la direction du Parti communiste français
Copie à la direction du Parti de gauche
Chère Marie-George,
Cher Pierre,
Chères et Chers Camarades,
Nous avons bien reçu votre courrier à vos « deux partenaires du Front gauche ». Nous enregistrons positivement son approche générale et remarquons une nouvelle fois à quel point Parti communiste, Parti de gauche et Gauche unitaire formulent des propositions convergentes. Cela nous conforte dans le sentiment que la démarche qui nous rassemble depuis les élections européennes doit non seulement se poursuivre mais s’approfondir.
Comme nous n’avons cessé de le dire, les uns et les autres, la crise du capitalisme n’est nullement achevée. Son rebondissement présent, sous l’impact de l’offensive spéculative frappant l’ensemble de la zone euro et des plans d’austérité saignant les peuples à blanc, est annonciateur de catastrophes et de régressions. Le modèle néolibéral affiche désormais sa faillite, il génère un peu partout convulsions sociales et instabilité politique, sa logique de concurrence effrénée va même jusqu’à menacer maintenant l’Union européenne de désagrégation. Ce qui n’empêche pas les gouvernements du continent, toujours aussi prompts à satisfaire les exigences des marchés financiers, à promettre du sang et des larmes à leurs citoyens. Lire la suite
Le Conseil National, la direction de Gauche Unitaire, a adopté la déclaration politique suivante lors de sa réunion des 10 et 11 avril 2010.
Déclaration adoptée par le conseil national de Gauche unitaire des 10 et 11 avril 2010
Les élections régionales des 14 et 21 mars marquent un important tournant de la situation française. La France va au-devant d’épreuves sociales et politiques décisives. La question de l’alternative s’en trouve posée en de nouveaux termes.
Face à une crise politique et sociale majeure…
Le scrutin de mars se déroulait dans un contexte d’approfondissement de la crise économique mondiale. Celle-ci continue de produire ses effets en profondeur. Les politiques gouvernementales de soutien au système bancaire ont permis d’éviter une véritable dépression et un krach financier. Mais les États qui se sont le plus endettés à cette occasion, comme la Grèce, le Portugal ou l’Espagne, constituent désormais la cible de la spéculation des marchés financiers et se trouvent menacés de faillite. Pour les marchés, il s’agit de faire payer la crise aux peuples, ce qui se traduit par le développement du chômage, une volonté de démanteler les mécanismes de protection sociale, l’accélération des processus de privatisation. Cette situation pèse sur les classes populaires et confronte les mobilisations sociales à la difficulté de s’opposer à une offensive d’une pareille dimension. Elle réunit simultanément les conditions de crises sociales et politiques majeures. C’est ce qui se produit en France.
L’UMP vient ainsi essuyer une défaite sans appel. Moins de trois ans après la victoire de Nicolas Sarkozy, la droite gouvernementale a obtenu son plus faible score de toute l’histoire de la V° République, ce qui la confronte à un affaiblissement et à une délégitimation mettant en cause l’ensemble des aspects de son projet. Lire la suite
Nous sommes maintenant à deux courtes semaines du premier tour des élections régionales qui aura lieu le 14 mars prochain. La campagne entre dans sa phase décisive, dans le moment où des millions de personnes vont se décider entre les différentes propositions politiques en présence. L’écho rencontré par la campagne du Front de Gauche et des listes « Ensemble » témoigne de l’attente qui existe dans les profondeurs du pays pour une véritable alternative de gauche. Nous savons tous et toutes ce dont les salariés ont besoin aujourd’hui : d’une gauche combative, déterminée, qui porte de véritables mesures de ruptures avec les logiques libérales et productivistes dans les conseils régionaux. Mais déjà dans les débats de cette campagne se repose publiquement la question de la construction d’une alternative à gauche, au-delà des élections régionales.
Le Front de gauche est confrontés à cette exigence. Il doit intégrer l’expérience nouvelle que nous faisons à travers cette campagne et se transformer pour constituer un véritable espace permanent agissant sur toutes les questions qui traversent la société française. Lire la suite
Chères et Chers Camarades,
Il est des moments où chacun se trouve confronté à des choix qui interrogent ses engagements au plus profond.
Vous et nous avons en commun de considérer que l’intérêt de celles et ceux au nom desquels nous nous battons doit, en toute occasion, dicter nos comportements. Si nous nous sommes engagés dans la construction d’une perspective politique crédible, ce n’est pas pour nous autoproclamer leurs porte-parole, mais plus modestement pour contribuer à ce que leur propre mouvement trouve le chemin de la rupture avec le capitalisme, de l’émancipation humaine.
Vous et nous partageons, à cet égard, l’essentiel. Nous avons la volonté d’aider à la constitution d’une nouvelle force politique pour un socialisme démocratique. Une force qui fasse du brassage des histoires et des expériences un atout. Une force qui permette à chacun et chacune de trouver sa place pour porter une ambition commune. Une force qui vise à être majoritaire à gauche et dans le pays et qui, pour cela, cherche à rassembler dans les luttes et dans les urnes. C’est en ce sens que nous entendons travailler à la constitution d’un front politique et social, dont les avancées soient autant de jalons posés sur le chemin menant à cette nouvelle force. Cet horizon n’a jamais été d’une telle actualité. Sur fond de crise majeure du capitalisme, la crise historique de la social-démocratie et sa mutation en force « démocrate », qui l’amènent un peu partout en Europe à s’ouvrir au centre ou même à droite, peut très vite mener la gauche tout entière à sa désagrégation politique autant qu’idéologique. Il s’agit de toute urgence d’inscrire au cœur de cette dernière une stratégie de reconstruction d’une gauche digne de ce nom. Lire la suite
Texte adopté par le Conseil National de Gauche Unitaire
La crise continue, ce sont les peuples qui en payent le prix !
Depuis deux ans, le système capitaliste connaît une crise d’une ampleur historique. Ce sont les salariés et particulièrement ceux qui se retrouvent au chômage qui en payent le prix, tandis que la course au profit et la spéculation financière continuent de plus belle. L’échec du sommet de Copenhague démontre également l’incapacité des gouvernements à faire face à la crise écologique. Notre avenir est menacé par leurs politiques ! Sans compter que les périodes de crise sont propices aux manœuvres xénophobes, comme avec le débat nauséabond sur « l’identité nationale » qui désignent les immigrés comme des menaces.
Nicolas Sarkozy annonce sa détermination à poursuivre sa contre révolution néoconservatrice, à imposer son modèle de société autoritaire. Les attaques de la droite et du MEDEF, les réformes destructrices, revenant sur des acquis fondamentaux sont multiples (des réformes de la santé, des universités, ou de la Poste, de l’application de la RGPP contre la Fonction publique, aux régressions démocratiques comme la réforme de collectivités territoriales, la remise en cause du droit syndical). Et ils nous annoncent de nouveaux mauvais coups qui touchent le cœur même du système de solidarités : les retraites et la protection sociale. De prochaines confrontations sont devant nous qui représentent un enjeu fondamental pour l’ensemble des travailleurs de ce pays. Lire la suite
Appel de la conférence nationale de Gauche Unitaire
Nous avons un urgent besoin de gauche. D’une gauche digne de ce nom. Pour affronter les menaces que la crise fait peser sur la planète grâce à une perspective cohérente de rupture avec les politiques capitalistes, néolibérales, productivistes. Pour que les attaques de la droite sarkozyenne et du Medef (remise en cause de droits sociaux fondamentaux, démagogie sur l’identité nationale, mise en cause de libertés essentielles et de la démocratie…) se heurtent enfin à une opposition déterminée à en contester sur le fond la logique destructrice. Pour que la gauche cesse d’être dominée par la ligne d’adaptation au libéralisme qui conduit les dirigeants du Parti socialiste ou d’Europe écologie à se tourner vers des alliances avec cette formation de droite qu’est le Modem.
Des luttes de résistance s’organisent dans toutes les régions, dans de nombreux secteurs. Elles sont fragmentées, isolées les unes des autres. L’ampleur de la « votation citoyenne » du 3 octobre (2,3 millions de votants contre la privatisation, du jamais vu), a montré au grand jour la volonté populaire de défendre La Poste, son service public. Cela n’est pas sans rappeler les formidables mobilisations de janvier et de mars. Face au pouvoir sarkozyste et au Medef, ces luttes ont besoin, pour se déployer, d’un espoir, d’un débouché politique qui lui fait défaut depuis trop longtemps. À nous d’œuvrer ensemble dans les luttes et dans les élections.
Les élections régionales peuvent être un moment essentiel d’affirmation de la gauche dont nous avons besoin. Pourvu que toutes les forces refusant le renoncement et la résignation sachent se rassembler, faire prévaloir les intérêts du plus grand nombre sur les calculs à courte vue.
C’est devenu possible grâce à la proposition du Front de gauche. Après son premier succès des élections européennes, celui-ci a décidé de poursuivre son action, de s’élargir, de devenir un outil au service de tous ceux qui aspirent à faire surgir une alternative majoritaire à un système en faillite. Lire la suite