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21
août

Il y a 70 ans, à Mexico, Léon Trotsky tombait sous les coups d’un agent de Staline, Ramon Mercader. Leader de la Révolution russe aux côtés de Lénine, il était la haute figure de l’Opposition de gauche au stalinisme qui présidait alors aux destinées de l’Union soviétique et dominait le mouvement communiste international. C’est autour de lui, après son exil, que se regroupèrent ces milliers de militantes et de militants qui, souvent au péril de leur vie, s’employèrent à sauver l’idéal socialiste et communiste du cancer bureaucratique et totalitaire qui était en train d’anéantir la force propulsive d’Octobre 17. Ce qui les amena, face aux périls qui s’accumulaient sur la planète et aux menaces de guerre qu’ils pressentaient, à fonder la IV° Internationale en 1938.

Même s’ils ne se rattachent pas à la tradition « trotskyste », celles et ceux qui entendent aujourd’hui travailler à la renaissance d’une perspective d’émancipation humaine à vocation majoritaire trouveront, dans les principales réflexions de Léon Trotsky à l’époque où, selon les mots de Victor Serge, « il était minuit dans le siècle », un apport essentiel à leur propre combat : le refus obstiné de toutes les barbaries, qui l’amènera à s’opposer à ces « étoiles jumelles » qu’étaient alors le nazisme et le stalinisme ; la conviction, qu’il consignera dans La Révolution trahie, que la transformation sociale passait, non par une restriction des libertés fondamentales, mais au contraire par une démocratie poussée jusqu’au bout ; la détermination à récuser toute aliénation de l’indépendance du mouvement ouvrier face  aux classes possédantes ; l’engagement internationaliste, fondé sur l’idée cardinale que la construction du socialisme ne pouvait s’opérer dans un seul pays…

Nous voulions marquer cet anniversaire. Non par goût des commémorations, des vénérations ou des célébrations dogmatiques. Mais parce que la démarche qui nous anime, celle qui vise à faire renaître un projet porteur d’espoir à gauche, exige de renouer le fil d’une mémoire des combats passés au service d’un monde débarrassé de l’exploitation et de l’oppression.

 

 

« Le procès intenté contre moi par Staline est fondé sur de faux aveux extorqués par de nouvelles méthodes d’inquisition pour servir les intérêts de la clique au pouvoir. Aucun crime dans l’histoire n’est plus terrible, dans l’intention et l’exécution, que les procès contre Zinoviev, Kamenev, Radek et Piatakov. Ces procès ne sont l’œuvre ni du communisme ni du socialisme, mais du stalinisme, c’est à dire du despotisme irresponsable des bureaucrates. Mais ma tâche principale n’est pas de révéler la vérité, de démontrer que les véritables criminels se cachent derrière nos accusateurs. Mon prochain objectif est le suivant : la création, au niveau américain, européen et enfin international, d’une commission d’enquête composée de personnes jouissant d’une autorité incontestable et de la confiance de la population. Je m’engage à présenter à cette commission tous mes dossiers, des milliers de lettres personnelles ou non, qui se font l’écho de mes pensées et de mes actes, jour après jour, sans rien dissimuler. Je n’ai rien à cacher. Des dizaines de témoins à l’étranger possèdent des informations et des documents précieux qui permettront de faire toute la lumière sur cette machination. Les travaux de la commission d’enquête doivent aboutir à la tenue d’un contre-procès. Ce dernier est nécessaire pour mettre un terme aux mensonges, aux calomnies, aux falsifications et aux coups montés fomentés par la police de Staline, la Guépéou. Celle-ci, désormais, ne vaut pas mieux que la Gestapo. »

Catégorie : À gauche
6
août

Appel Citoyen

Face à la xénophobie et à la politique du pilori : liberté, égalité, fraternité

Signez l’appel en ligne !

Les plus hautes autorités de l’Etat ont fait le choix de jeter à la vindicte publique des catégories entières de population : Gens du voyage accusés comme les étrangers d’être des fauteurs de troubles, Français d’origine étrangère sur lesquels pèserait la menace d’être déchus de leur nationalité, parents d’enfants délinquants, etc. Voici que le président de la République accrédite aussi les vieux mensonges d’une immigration coûteuse et assimilée à la délinquance, et offre ainsi à la stigmatisation des millions de personnes en raison de leur origine ou de leur situation sociale.

Ce qui est à l’œuvre dans cette démarche ne s’inscrit pas dans le débat légitime, dans une démocratie, sur la manière d’assurer la sûreté républicaine. Le nécessaire respect de l’ordre public n’a pas à être utilisé pour créer des distinctions entre les habitants de ce pays et désigner des boucs émissaires. Ni pour instituer des peines de prison automatiques, contraires aux principes fondamentaux du droit pénal, à l’indépendance de la justice et à l’individualisation des peines.

La Constitution de la France, République laïque, démocratique et sociale, assure « l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion ».

Nul, pas plus les élus de la nation que quiconque, n’a le droit de fouler au pied la Constitution et les principes les plus fondamentaux de la République.

Notre conscience nous interdit de nous taire et de laisser faire ce qui conduit à mettre en péril la paix civile.

Nous appelons à une manifestation le samedi 4 septembre 2010, place de la République à Paris, à 14h00, et partout en France, afin de fêter le 140e anniversaire d’une République que nous voulons plus que jamais, libre, égale et fraternelle.

Pour signer l’appel c’est ici

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Catégorie : Contre la droite
4
août

Communiqué commun

Une avalanche de discours et d’annonces provocatrices s’est abattue depuis plusieurs jours sur notre pays. Jusqu’au plus haut niveau de l’Etat, on entend des propos qui étaient jusqu’à présent l’apanage de l’extrême droite.

Le président de la République, lui-même, montre du doigt des communautés et des groupes sociaux entiers, stigmatise les Roms, les Gens du voyage, les étrangers, les Français qui ne sont pas « de souche », les parents d’enfants délinquants, etc. Ce faisant, il ne lutte en rien contre la délinquance, qui est répréhensible pour tout individu sans distinction de nationalité ou d’origine : il met délibérément en cause les principes qui fondent l’égalité républicaine, alors que déjà une crise sociale et économique d’une extrême gravité menace la cohésion de la société tout entière.

En quelques jours, les plus hautes autorités de l’Etat sont passées de l’exploitation des préjugés contre les Gens du voyage au lien, désormais proclamé, entre immigration et délinquance, puis à la remise en cause de la nationalité française dans des termes inédits depuis 1945. Ce qui est à l’œuvre dans cette démarche s’inscrit dans une logique de désintégration sociale porteuse de graves dangers.

Il ne s’agit plus du débat légitime en démocratie sur la manière d’assurer la sûreté républicaine, mais bien d’une volonté de désigner comme a priori dangereuses des millions de personnes à raison de leur origine ou de leur situation sociale. Quelle que soit la légitimité que confère l’élection, aucun responsable politique n’a reçu mandat de violer les principes les plus élémentaires sur lesquels la République s’est construite.

Parce que le seuil ainsi franchi nous inquiète pour l’avenir de tous, nous, organisations associatives, syndicales et politiques diverses mais qui avons en commun l’attachement aux principes fondamentaux de la République laïque, démocratique et sociale, rappelons avec force que l’article 1er de la Constitution « assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion », et que toutes propositions qui méconnaîtraient cette règle fondatrice de la démocratie constituent une atteinte à la paix civile.

Nous n’accepterons sous aucun prétexte que le nécessaire respect de l’ordre public soit utilisé pour créer des distinctions entre les habitants de ce pays et désigner des boucs émissaires.

Nous appelons donc l’ensemble des citoyens de ce pays à manifester publiquement leur opposition aux stratégies de stigmatisation et de discrimination et aux logiques de « guerre » qui menacent le vivre ensemble. A cet effet, nous proposerons dans les prochains jours à la signature en ligne un « Appel citoyen » refusant toute politique de la peur ou de la haine. Et nous appelons à un grand rassemblement citoyen à l’occasion du 140e anniversaire de la République, le samedi 4 septembre Place de la République à Paris, à 14h00, et partout en France, pour dire ensemble notre attachement à la liberté, à l’égalité et à la fraternité qui sont et qui resteront notre bien commun.

Signataires : AC ! Agir ensemble contre le chômage, Les Alternatifs, Les amoureux au banc public, Association de défense des droits de l’Homme au Maroc (ASDHOM), Association France Palestine Solidarité (AFPS), Association des Marocains en France (AMF), Association nationale des Gens du voyage catholiques (ANGVC), Association républicaine des anciens combattants (ARAC), ATTAC, Autremonde, Cedetim, Confédération française démocratique du travail (CFDT), Confédération générale du travail (CGT), La Confédération Paysanne, La Cimade, Le Cran, Droit au logement (DAL), Emmaüs France, Europe Ecologie, Fédération pour une alternative sociale et écologique (Fase), Fédération des associations de solidarité avec les travailleurs immigrés (FASTI), Fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale (FNARS), Fédération SUD Education, Fédération syndicale unitaire (FSU), Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives (FTCR), FNASAT-Gens du voyage, Fondation Copernic, France Terre d’Asile, Gauche unitaire, Groupe d’information et de soutien des immigrés (GISTI), Les Jeunes Verts, Ligue des droits de l’Homme (LDH), Ligue de l’enseignement, Marches européennes, Médecins du Monde, Le Mouvement de la Paix, Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP), le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), le Parti communiste français (PCF), le Parti de Gauche, le Parti socialiste (PS), Réseau d’alerte et d’intervention pour les droits de l’Homme (RAIDH), Réseau Education Sans Frontière (RESF), SNESUP-FSU, SOS Racisme, Syndicat des avocats de France (SAF), Syndicat de la magistrature (SM), Union syndicale Solidaires, Les Verts.

Catégorie : Contre la droite
23
juil

Prenant prétexte des violences intervenues à Saint-Aignan (Loir-et-Cher), Sarkozy a choisi une fois de plus de faire des Rroms et des Gens du voyage des boucs émissaires. Quel est le but recherché si ce n’est de désigner de façon raciste une catégorie de la population à la vindicte populaire ?

Il se permet d’annoncer l’expulsion, de tous les campements en situation irrégulière.

Or, cela fait plus de vingt ans que la première loi Louis Besson de 1990, suivie d’une seconde  dix ans plus tard, impose aux communes la réalisation d’aires d’accueil et de stationnement pour les Gens du voyage a été votée. Pourtant celles-ci ne sont toujours pas vraiment appliquée puisqu’à peine la moitié des places prévues ont été créées. Les personnes vivant en caravane sont souvent contraintes de s’installer là où elles le peuvent, faute de possibilités régulières. Les premiers responsables sont les municipalités qui ne respectent pas leurs obligations légales, et les préfets qui ne les y contraignent pas, alors que la loi le prévoit. Lire la suite

Catégorie : En lutte
23
juil

C’est avec beaucoup de tristesse que nous apprenons le décès de Jean-Paul Hébert, militant et responsable des Alternatifs. Nous saluons la mémoire de ce camarade, lutteur courageux, toujours mobilisé, avec toute son énergie, ses capacités intellectuelles et sa joie de vivre,  au service des multiples justes causes. En particulier, pour la défense des droits de l’homme, la mobilisation pour le « non de gauche » au Traité constitutionnel européen, contre la guerre en Irak, et plus généralement pour le désarmement, dans le soutien au peuple palestinien…  C’est avec ce même courage qu’il avait engagé le combat contre une maladie qui, jusque-là, n’était pas parvenue à suspendre son inlassable militantisme.

En ce moment douloureux, que sa famille soit assurée de notre affection.

C’est hélas privés de la présence et des qualités de Jean-Paul qu’il va falloir continuer les combats qui nous étaient communs…

Le 23 juillet 2010

Pour Gauche unitaire

Michelle Ernis, Christian Picquet, Francis Sitel

 

Catégorie : Communiqués
21
juil

Jean-Claude Casanova (entretien dans Le Monde du 11.07.2010) écarte la caractérisation de crise de régime qui selon lui suppose « l’interruption du fonctionnement régulier des institutions, comme en mai 1958 ou mai 1968 ». Telle n’est pas en effet la situation. Le gouvernement maintient inchangée sa réforme des retraites, qu’il compte imposer dès la rentrée à marche forcée, ainsi que l’ensemble de sa politique d’austérité, et Sarkozy reste maître du calendrier d’un remaniement gouvernemental à présent indispensable.

Situation qui s’explique aussi par le fait qu’aucune force en état de le faire n’envisage d’engager une offensive de déstabilisation du pouvoir. Les directions syndicales affirment ne pas être concernées par la crise politique (sauf de laisser dire qu’elles ne seraient pas mécontentes de continuer à négocier avec un ministre du Travail profondément affaibli), et font majoritairement le choix d’écarter l’exigence du retrait de la réforme, pour rester dans une logique de pression – via la mobilisation sociale – visant à en changer le contenu. Quant à la direction du Parti socialiste, elle se garde bien de jeter de l’huile sur le feu, n’affichant d’autre ambition que de recueillir les fruits d’un discrédit de Sarkozy assurant une alternance en 2012. Lire la suite

Catégorie : Contre la droite