
Inspiré du best-seller éponyme (1ère époque) du suédois Stieg Larsson, le nouveau thriller nordique de l’auteur de Seven et Zodiac tient ses promesses. C’est à Roman Polanski (le meilleur, notamment celui de Ghost Writer) que l’on pense comme référence, dans la description angoissante d’un monde d’apparences recelant de terribles secrets.
La Suède qui est le théâtre du récit (je ne sais s’il est fidèle au texte de Larsson mais il semble que ce soit le cas) est celle où ressurgit le passé troublé des sympathies marquées d’une partie de l’establishment et de l’aristocratie pour le nazisme allemand (même Ingmar Bergman fut touché par cette attirance !). Il n’est pas indifférent que l’auteur du livre Millenium fut dans sa jeunesse militant de l’extrême-gauche de son pays (plus précisément du Parti socialiste, adhérent à la Quatrième internationale) et principalement engagé dans le combat contre l’extrême-droite néo-nazie suédoise et scandinave. Et bien sûr est frappante la coïncidence entre la sortie du film et l’affaire Breivik (la tuerie d’Oslo l’été dernier). Des commentateurs peu avisés glosaient à ce moment sur la paisible démocratie nordique, ignorant manifestement l’existence (dénoncée de longue date par Larsson et d’autres littérateurs scandinaves) d’un extrême-droite très organisée, ultra-violente, soupçonnée par exemple d’implication dans l’assassinat du premier ministre suédois Olof Palme (jamais élucidé).
DL.

