Retour sur la mascarade du sommet social

Le 1er décembre dernier, à Toulon, dans un de ses discours censé avoir une portée « historique », Nicolas Sarkozy annonçait vaillamment qu’ « on a pas tout essayé contre le chômage » et que lui allait prendre les choses en main : « Nous ne gagnerons pas la bataille de l’emploi sans les chefs d’entreprise, sans les partenaires sociaux. C’est pourquoi, en janvier prochain, j’inviterai tous les partenaires sociaux à participer à un sommet sur l’emploi pour que chacun puisse apporter des solutions, faire des propositions. Il faudra avoir le courage d’affronter les grandes questions et de lever les tabous sur les freins à la compétitivité française. »

Le mercredi 18 janvier, Nicolas Sarkozy semble ne pas avoir trouvé le courage d’annoncer ses propositions chocs. Il a remballé, très temporairement, sa TVA sociale et le développement des accords d’entreprises pour augmenter la durée du temps de travail en reportant ses annonces à une allocution télévisée à la fin du mois de janvier. Malgré les nombreuses tentatives pour trouver des points d’appui du côté syndical, ce sommet social censé prendre des décisions d’ampleur constitue de fait un non évènement. Les mesures annoncées à la sortie de la réunion sont dérisoires : 430 millions d’euros pour faciliter le chômage partiel, la formation des chômeurs, et la baisse des cotisations sociales dans les petites entreprises pour embaucher des jeunes… Quelle originalité… Sans oublier l’annonce tragi-comique de la création de 1000 CDD à Pôle Emploi après avoir supprimé 1800 postes, ou l’annonce d’une « banque de l’industrie » alors que les grandes banques françaises ont été gavés d’aides publiques sans aucune contrepartie…

Nicolas Sarkozy continue sa mise en scène de « Président-qui-n’est-pas-en-campagne » (mais qui a quand même loué un local de campagne dans le 15ième arrondissement à Paris, au cas où, on n’est jamais trop prudent…) pendant que la situation de l’emploi ne cesse de se dégrader. Des licenciements sont annoncés chaque jour (500 à la FNAC), alors que la suppression de la défiscalisation des heures supplémentaires permettrait de créer l’équivalent de 400 000 emplois à temps plein.

Et Sarkozy a quand même suggéré qu’il faudrait « aller vers une diversification accrue des sources de financement » de la protection sociale. C’est donc le miroir aux alouettes de la TVA sociale qui est annoncé et le Président de la République s’est même auto-félicité en citant comme exemple la suppression de la taxe professionnelle imposée en 2010. Pourtant on ne peut pas dire que cette mesure ait d’une façon ou d’une autre empêché les fermetures d’usines et les licenciements. Par contre, cela a représenté un cadeau fiscal de 6,8 milliards d’euros sur une année pour le plus grand bénéfice des entreprises et au détriment des caisses de l’Etat et des finances des collectivités locales ! L’austérité et la rigueur ce n’est pas pour le MEDEF et les amis de Sarkozy.

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