Amplifions encore la dynamique de la campagne du Front de Gauche

Avant ce vendredi 13 janvier qui aura vu l’Etat français perdre sa notation AAA auprès de l’agence Standard and Poor’s, Nicolas Sarkozy et François Fillon justifiaient leur politique de rigueur et d’austérité par le fait qu’il fallait à tout prix « rassurer les marchés financiers ». C’était déjà selon eux la raison pour laquelle ils avaient imposé leur scandaleuse remise en cause de la retraite à 60 ans en 2010. Et maintenant que le triple A français appartient au passé, la priorité du gouvernement reste… la même ! Il faut « rassurer les investisseurs », continuer les réformes, notamment en abaissant le « coût du travail » et remettre en cause le financement de la protection sociale. Ce qui veut dire en langage libéral, diminuer les cotisations sociales et donc remettre en cause l’accès de tous à la Sécurité Sociale. Avec Sarkozy et Fillon, c’est toujours et encore la finance d’abord !

Au fond la dégradation de la note française n’est pas une surprise. Elle était annoncée, anticipée même par les marchés financiers. Elle n’est qu’un épisode supplémentaire dans une crise mondiale, qui est loin d’être finie. Les annonces de Standard and Poor’s ne sont qu’une étape dans son approfondissement en France et en Europe. Les agences de notation ne sont en elles-mêmes qu’un des petits rouages (sûrement les plus absurdes, puisque celles-ci qui sont censées être un thermomètre aggravent la situation qu’elles décrivent…) d’un capitalisme mondialisé inhumain et brutal qui plonge les peuples dans la misère et ravage les ressources naturelles. La racine de la crise dans laquelle nous sommes plongés, c’est la recherche du profit maximum et  la concurrence sans limite prônées par des gouvernements qui ont donné tous les pouvoirs à la finance, au détriment de la démocratie et des droits des peuples. C’est à cette logique de rentabilité maximum qu’il faut s’en prendre pour restaurer la souveraineté démocratique sur les lois du marché.

Alors, ils sont nombreux à s’agiter à propos de la perte du « AAA » et à prétendre être les mieux placés pour le rétablir. Mais pourquoi ne font-ils pas autant d’efforts pour défendre le droit au logement, à la santé, à l’éducation ? Et pour permettre à tous de vivre d’un travail digne et d’un salaire décent ? Ce sont pourtant les questions essentielles qui devraient être débattues dans la campagne. Au lieu de cela, le débat présidentiel semblent s’être réduit ces derniers jours à un concours de slogans et de marketing. François Hollande a résumé son message en cinq mots « Le changement c’est maintenant ». Le candidat socialiste donne l’impression d’avoir peur d’en dire plus, de crainte de devoir justifier comment mettre en œuvre une politique alternative à celle dévastatrice de la droite. Tandis que Bayrou avec son programme de super austérité, apparaît plus combatif en prétendant qu’ « Un pays uni, rien ne lui résiste ». C’est l’absence de clarté politique et la confusion qui dominent.

Il apparaît pourtant clairement que la gauche ne pourra faire reculer l’extrême droite et dégager Sarkozy et sa bande qu’en assumant une orientation clairement à gauche, de résistance face aux banques et à la finance. C’est la perspective que le Front de Gauche, avec son candidat Jean Luc Mélenchon, défendent pour redonner espoir à tous ceux et toutes celles qui à gauche hésitent ou qui ne croient plus en la politique. L’ambition est de reconquérir les classes populaires, de rassembler les forces du monde du travail et de la jeunesse. Cela se fera pas à pas, jour après jour, quartier par quartier, immeuble par immeuble. C’est une campagne de terrain que le Front de Gauche a impulsé avec les Assemblées Citoyennes. Il reste 90 jours, pour la mener. C’est très court mais l’attente est immense d’une véritable alternative à gauche. Le succès du meeting du Front de Gauche à Nantes qui a rassemblé plus de 6000 personnes démontre le potentiel qui existe. La dynamique ne fait que commencer…

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