Fin 2011, les conseillers de Nicolas Sarkozy lui auraient parait-il soufflé la nécessité de « prendre des risques » pour contrecarrer les sondages défavorables. Résultat, le président-candidat a ressorti du grenier le projet, cher au MEDEF, de TVA sociale. Avec des conseils comme cela, le pire est à craindre d’ici avril 2012… Le choix politique de Sarkozy constitue une véritable fuite en avant. Cela revient à parier sur l’impopularité pour démontrer son volontarisme.
Un débat est donc ouvert jusqu’au vote de cette disposition par le Parlement dans un collectif budgétaire prévu entre fin février et début mars. Un premier sondage réalisé par le CSA pour le journal L’Humanité indique que 64% des Français sont opposés à cette mesure. Il y a une bataille politique à mener, pour expliquer ses effets négatifs, faire monter la pression, y compris sur les députés UMP qui devront prendre la responsabilité de voter une telle mesure.
Car l’arnaque est un peu grosse. Ce projet défendu depuis des mois par le MEDEF et les libéraux consiste à supprimer une partie des cotisations sociales des employeurs (une partie donc du salaire socialisé qui sert à financer la Sécurité Sociale) qui serait compensée par une hausse de la TVA sur les produits importés. Dans ce conte de fée libéral, les baisses des cotisations des employeurs seraient censées leur permettre de créer des emplois.
L’envers du conte de fée, c’est que ce mécanisme fragilise le financement de la Protection Sociale. Les ressources de celle-ci ne seraient plus gérées par les caisses de la Sécurité Sociale dans lesquelles les syndicats ont leur mot à dire, mais via le budget de l’Etat. Et ce dernier pourrait très bien décider d’allouer une partie des ressources de la TVA à un poste jugé plus important que les régimes de retraites ou d’assurance maladie. Par exemple rembourser la dette publique détenue par les spéculateurs…
Sans compter que la hausse de la TVA sur les produits importés – ce qui fleure bon le nationalisme à la mode chez une droite qui drague du côté du FN – représenterait une perte nette de pouvoir d’achat pour les classes populaires, y compris, les fonctionnaires, les jeunes, les chômeurs, les retraités… La TVA représente en effet l’impôt le plus injuste car il est « dégressif » (moins on a de revenu, plus on y consacre une part importante de son pouvoir d’achat). Jean Pierre Raffarin lui-même le reconnaissait : « Pour moi, la TVA sociale portera probablement atteinte au pouvoir d’achat des français. »
Enfin, l’argument selon lequel ce sacrifice, payé par la population qui se serrerait encore une fois la ceinture, permettrait de créer des emplois, est moins crédible qu’une prophétie Maya… Depuis plus de 20 ans, les mesures d’exonérations de cotisations sociales ont été mise en place pour faciliter l’embauche par les entreprises. Résultat : cela a considérablement affaibli les ressources allouées à la protection sociale sans permettre le moins du monde de faire reculer le chômage.
Il faut multiplier les initiatives pour renvoyer cette idée dans le cimetière des folies libérales qu’elle n’aurait jamais du quitter. Un échec de la droite sur cette question serait un bon signe pour le printemps prochain.

