Et si après les primaires, on répondait à l’envie de débat à gauche ?

La large participation au premier tour des Primaires du Parti Socialiste est un indéniable succès pour les initiateurs de cette consultation inédite en France. Cela témoigne, à travers les multiples discussions que cet événement a suscité, de la profondeur de l’aspiration au débat politique, dans une société étouffée par plus de 10 ans de domination de la droite. Cela exprime également la force du rejet du pouvoir présidentiel en place. Deux semaines après la défaite de l’UMP aux élections sénatoriales, la volonté de changement politique est de toute évidence une tendance de fond de la situation  présente, même si cela ne garantit en aucune façon la défaite de Sarkozy en 2012. Au-delà des critiques qui peuvent être faites sur le renforcement de la présidentialisation de la vie politique et donc du poids de la personnalisation des enjeux, les Primaires ont constitué un outil dont une partie du peuple de gauche s’est saisi pour s’exprimer.

Mais quel que soit le résultat du deuxième tour des Primaires et la désignation finale du candidat socialiste, la question cruciale du contenu d’une politique de gauche alternative à Sarkozy est maintenant incontournable. La gauche est aujourd’hui structurée en trois pôles principaux : le Parti Socialiste, le Front de Gauche et Europe Ecologie les Verts. En 2012, chasser Sarkozy et son clan est une nécessité impérieuse, vitale pour des millions d’hommes et de femmes qui ne supportent plus cette droite oligarchique et amorale. Toutefois, la gauche ne peut esquiver un véritable débat de fond sur les mesures qu’elle mettra en œuvre pour faire face à la crise multiforme du capitalisme, économique, écologique, démocratique… dans laquelle nous sommes plongés. C’est le sens de la proposition « d’offre publique de débat » faite par Jean Luc Mélenchon, en tant que candidat du Front de Gauche l’élection présidentielle, à toutes les formations de gauche. Il ne s’agit pas d’organiser des tractations de couloir pour trouver le plus petit dénominateur commun entre composantes de la gauche. Mais d’éclairer largement, publiquement, le débat sur les objectifs et les orientations des différentes composantes de la gauche. Ce serait là aussi une véritable avancée démocratique, qui renforcerait la participation des citoyens et des électeurs à la vie démocratique. Tout le monde se félicite aujourd’hui de la nécessité de « moderniser la politique » Et si on débattait du contenu ?

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