La longue interview du Président de la République au journal de famille de la droite française qu’est Le Figaro Magazine, à deux jours du scrutin des élections régionales, peut se résumer ainsi :
«Un: Je n’ai pas à intervenir en tant que Président de la République dans les élections régionales.
Deux: C’est pourquoi je vous appelle à voter UMP le 14 mars prochain.
Trois: Je ne tiendrai pas compte de toute façon du résultat de ce scrutin et je vous annonce ce que j’ai prévu pour la suite.
Quatre: Quel que soit le désaveu qui s’exprime le 14 mars, rassurez vous je suis déjà en train de préparer 2012 et un nouveau mandat de 5 ans. C’est pourquoi j’ai prévu une petite pause fin 2011 pour préparer la suite. »
En effet, cette intervention politique de Nicolas Sarkozy ne sert que de façon conjoncturelle à mobiliser de façon grossière l’électorat UMP pour les élections régionales. Elle a essentiellement pour fonction de donner le cadre général du calendrier pour la poursuite des contres réformes mises en œuvre depuis 2007, en ayant conscience des « tensions toujours à l’œuvre dans un pays comme la France, où les mouvements sociaux peuvent être violents, parce qu’il y existe une tradition de luttes sociales et idéologiques forte ».
Deux dossiers majeurs sont au programme de 2010 : la réforme des retraites où Sarkozy annonce que « Si des décisions devaient être prises sur l’allongement de la durée de cotisation, elles concerneraient comme aujourd’hui tout autant le public que le privé. Il serait injuste qu’il n’en soit pas ainsi. » Tout le monde sera donc soumis à un recul de cet acquis historique que constitue le droit à la retraite ! Et la mise en place du 5ième risque de la protection sociale, concernant la dépendance et la prise en charge des personnes âgées, qui peut constituer une opportunité pour entraîner une libéralisation accrue du système de protection sociale.
Et Sarkozy se permet l’arrogance d’annoncer deux jours avant une élection que la « TVA sociale », qui avait coûté de nombreux sièges d’élus à la droite aux législatives de 2007 était de nouveau « à l’ordre du jour »
Contrairement à ce que des commentateurs confus ont pu annoncé, la « pause » annoncée par Sarkozy (pour fin 2011 !) n’a pas du tout pour fonction de prendre en compte le scrutin des régionales et le mécontentement de la population. Il s’agit à travers un « audit des réformes » de tirer un bilan du mandat sarkozyen pour préparer de nouvelles mesures libérales et autoritaires.
La droite française a donné son calendrier et ses objectifs. Il y a urgence à ce qu’une véritable gauche soit sur son chemin… dès maintenant.

