Documentaire utile et rigoureux, Rachel enquête sur la mort de Rachel Corrie, jeune pacifiste américaine écrasée par un bulldozer de l’armée israélienne.
Avec ses jeunes amis d’International Solidarity Movement (ISM), Rachel était venue s’opposer à la destruction de maisons palestiniennes. Des jeunes gens venus défendre le droit à la vie contre la misère, le pillage, la dévastation et la mort. Des jeunes gens courageux, émouvants qui ont nom Alice, Joe, Will… Le film de Simone Bitton touche par son sujet tragique mais aussi par l’écriture choisie, très sensible et sobre. La mort de Rachel est-ce accident ou crime de l’Occupation israélienne? Dans la recherche de la vérité, Simone Bitton croise sources et documents : lettres de Rachel lues par ses proches, images du lieu du crime, témoignages de ses amis ou des Palestiniens présents, rapports officiels, diagrammes, archives télévisuelles, documents de l’armée…
Tenace, la cinéaste par l’insistance de ses questions et le choix d’un cadrage juste, débusque le malaise ou le mensonge chez la porte-parole de Tsahal, l’officier en charge de l’enquête, le médecin légiste. Rachel tenait un journal de voyage sous forme d’e-mails pour sa famille et ses amis. Présence de l’absence : à travers les traces qu’elle a laissées, la jeune disparue revit dans un portrait sensible et bouleversant, celui d’une jeune fille engagée de notre temps, dont le destin tragique dessine aussi celui de la Palestine.
Laura Laufer
Simone Bitton présente Rachel en avant – première aux
Le Méliès –Montreuil. Dimanche 11 octobre M°.Croix de Chavaux. dans le cadre des Rencontres documentaires. www.peripherie.asso.fr
Cinéma Utopia – Bordeaux . Lundi 19 octobre à 20h30.
puis
-Montpellier – Diagonal Capitole : débat en présence de la réalisatrice et du producteur le mardi 13 octobre à 20h – avec l’Association France Palestine Solidarité 34
- Bordeaux – Utopia : débat en présence de la réalisatrice le lundi 19 octobre à 20h30 – avec Génération Palestine, Palestine 33 et l’Union Juive Française pour la Paix
- Toulouse – Utopia Latin : débat en présence de la réalisatrice le mardi 20 octobre à 20h30 – avec Génération Palestine et l’Union Juive Française pour la Paix
Semaine du 21 au 27 octobre : Sortie nationale
- Paris – Reflet Médicis
- St Denis – Les Ecrans : débat en présence de la réalisatrice le dimanche 25 octobre à 15h30
- Montreuil – Le Méliès
- Brive la Gaillarde – Le Rex
- Bordeaux – Utopia
- Toulouse – Utopia Latin
- Montpellier – Diagonal Capitole
- Marseille – Les Variétés : débat en présence de la réalisatrice le vendredi 23 octobre
- Lyon –CNP Terreaux : débat en présence de la réalisatrice le mardi 27 octobre
- Grenoble – Le Méliès
- Hérouville St Clair – Le Café des Images : débat en présence de la réalisatrice le jeudi 22 octobre
- Agen – Ledru Rollin
- Marmande – Le Comoedia
- Pourquoi ce film ?
Simone Bitton : Il y a plusieurs motivations. Je voulais consacrer un film à Gaza. Gaza, on en parle dans les moments qui reviennent régulièrement et où il ya beaucoup de morts. On en parle pendant quelques jours, sinon on oublie cette population qui est vraiment une population martyr, une population qui vit bouclée pas seulement parce que le Hamas est au pouvoir, mais qui vit cette situation depuis 15 ans. La bande de Gaza est bouclée, assiégée. C’est un endroit difficile d’accès parce que l’armée israélienne ne permet d’y entrer qu’au compte goutte et jamais quand il s’y passe des choses qu’elle veut cacher. Moi, j’aime bien aller dans les endroits où le pouvoir n’aime pas trop qu’on aille. Ensuite, le fait qu’après la mort de Rachel, il y a eu –ce n’est pas très étonnant par ce que ça arrive régulièrement –un cas symbolique où s’expriment tout le système, tous les rouages de la désinformation, de la mauvaise foi, des explications tronquées, de l’enquête faite par l’armée elle-même sur ses propres violations des droits de l ‘homme. Tout ce qui est très évident dans l’affaire Rachel Corrie et que j’étais intéressée à traiter : l’impunité dans laquelle reste ce genre de mort et tout le système de parole, de propagande et de désinformation qui se fait autour de ça. Et surtout le fait que cette jeune fille écrivait des emails magnifiques que ses parents ont publiés après sa disparition. Je les ai lus et ils m’ont beaucoup touchée. Les emails de Rachel Corrie ne provoquent pas un genre d’émotion facile, même s’il est légitime d’être émue par cette jeune personne talentueuse dont on sait à la lecture de ses mots qu’elle va mourir quelques jours après les avoir écrits. Il existe dans les paroles de Rachel un vrai développement très rapide et très intelligent d’une conscience politique qui est dit avec des mots justes. C’est vraiment un voyage initiatique, qu’elle fait. Elle découvre plein de choses, la guerre, la violence, l’injustice mais aussi l’hospitalité du pauvre. C’est très beau et perturbant. Ce sont toutes ces raisons mises ensemble qui ont fait qu’a muri dans mon esprit qui de toute façon est obsédé par le conflit moyen oriental, l’idée d’un film enquête. Je me suis dit, je vais faire cette enquête que personne n’a faite. Et en même temps faire une enquête cinématographique qui laisse beaucoup de place à l’imaginaire du spectateur.
- Est ce que ça a été difficile de retrouver les témoins qu’on voit dans le film ?
Simone Bitton : Oui, tout a été très difficile. Les internationaux qui étaient tous des Rachel Corrie en puissance, c’est à dire que ce qui lui est arrivé aurait pu arriver à n’importe lequel d’entre eux. Ils étaient un groupe de huit, de nationalités différentes, qui avaient vécu ensemble, puis ensuite chacun était rentré chez soi. Il a fallu les chercher, les retrouver et les convaincre. Il y avait quand même de la part de certains d’entre eux une certaine réticence à participer au film, à témoigner dans mon film. Une réticence qui était due au fait qu’ils avaient eu une mauvaise expérience avec les médias. A l’époque où le traumatisme de la mort de Rachel était fort et dans les semaines qui ont suivi, ils ont été sollicités par de nombreux médias et plusieurs fois ils ont trouvé leurs paroles déformées ou manipulées. De toutes façons n’importe qui venait vers eux avec un micro et ce sont des gens qui ne font pas confiance aux médias en général. Il y avait aussi pour certains d’entre eux une espèce d’animosité immédiate envers quiconque voulait attacher beaucoup d’importance à la mort de Rachel comme si vouloir faire un film sur Rachel ou l’histoire de Rachel, c’était laisser dans l’ombre, une fois de plus, toutes les victimes palestiniennes anonymes. Il a fallu beaucoup discuter, montrer mes travaux précédents à certains d’entre eux pour que finalement la relation de confiance s’établisse sans laquelle le film n’aurait pas pu exister. Ces militants internationalistes sont les témoins directs. Ils étaient là, ce sont les témoins les plus importants avec le pharmacien palestinien. Celui-ci était dans sa maison pendant que le bulldozer s’approchait de sa maison et que Rachel s’interposait entre le bulldozer et sa maison. Le pharmacien a tout vu à travers une fente de sa palissade et il est lui aussi, un témoin direct. Ce pharmacien n’a jamais été interrogé par l’enquête de l’armée israélienne. Ce sont vraiment les témoins directs qui témoignent dans mon film.
- Dans le film on entend la parole de ceux qui ont vu et qui étaient là mais en face on entend aussi la parole de l’armée israélienne ?
Simone Bitton Oui, mais dans ceux qui ont vu, il y a aussi les deux soldats de l’armée israélienne qui étaient dans le bulldozer. Je n’ai pas pu les rencontrer. L’armée garde leur identité secrète. Et même si j’ai réussi par des voies détournées à parvenir à faire passer un message à certains d’entre eux, parce que c’est un petit pays où tout le monde connaît tout le monde : en cherchant on finit par trouver. Le chauffeur du bulldozer m’a fait savoir qu’il ne voulait pas me rencontrer ni me parler et moi je ne filme que des gens qui acceptent être filmés. Mais leur parole est dans le film parce qu’ils ont donné des dépositions à l’armée israélienne et je me suis procuré ces dépositions que je fais lire par des voix off. D’autre part, ils ont été interviewés par une chaine de télévision quelques jours après la mort de Rachel. Cette chaine a diffusé quelques secondes de leur parole et j’ai pu acheter les rushs de cette interview que j’utilise dans le film. A part ça, il y a la porte parole de l’armée israélienne dans mon film qui fait une longue intervention. C’est la version officielle. Et puis, j’ai pu retrouver l’officier de la police militaire israélienne, en réalité l’ex–patron qui était en charge de l’enquête interne de la police militaire israélienne sur la mort de Rachel. Il n’est plus militaire maintenant, il est dans le civil ce qui fait que nous pouvions nous passer de l’autorisation de l’armée qui, sans doute, ne l’aurait pas donnée. Il témoigne dans le film, assez franchement et courageusement, en me disant en gros que son enquête ne valait pas grand chose, même s’il ne le dit pas avec ces mots-là. En tout cas, il dit bien qu’on ne lui avait pas donné les moyens pour enquêter sur ce cas là comme sur d’autres d’ailleurs. La seule chose qu’on lui demandait, c’était de recueillir les dépositions des soldats et il n’est pas dupe. Il sait très bien que les soldats s’entendent entre eux pour se couvrir l’un l’autre, qu’il n’a pas pu avec son équipe se rendre sur les lieux, qu’il n’a pas pu interroger les témoins palestiniens et…quand on sait que l’armée israélienne est toute puissante là-bas…bref d’une manière assez gênée aux entournures, il me dit tout ce qu’on doit penser de cette enquête.
-Vous n’avez pas pu vous rendre sur le lieu où Rachel a été tuée ?
Simone Bitton : Je n’ai pas eu le droit de me rendre sur le lieu même où Rachel a été tuée parce que l’Armée israélienne ne m’a pas permis de rentrer dans la zone de Gaza mais j’y suis quand même parce que mon équipe a pu entrer et j’ai tout préparé. Ce sont des séquences que j’ai dirigées –comme je dis « à la télécommande ». Je voudrai parler de cette interdiction. Il faut que les gens le sachent. L’entrée sur la bande de Gaza est entièrement contrôlée par l’armée israélienne qui laisse entrer qui elle veut. Comme j’ai la double nationalité française et israélienne, je ne vis pas en Israël. Bien que j’ai une carte de presse qui m’est délivrée par les services gouvernementaux israéliens, je ne suis pas autorisée à entrer dans Gaza comme tous les journalistes israéliens. Maintenant, ça fait bien quatre ans, peut-être cinq, qu’aucun journaliste israélien n’a été autorisé à entrer dans la bande de Gaza, même ceux qui sont les correspondants en territoire palestinien des grands journaux et c’est une règle qui n’a strictement aucune exception, même pour des gens comme moi qui ont la double nationalité. Je n’utilise pas ma nationalité israélienne. Je ne vis pas en Israël mais leurs ordinateurs savent tout. J’ai essayé plusieurs fois de renter au check point avec mon passeport français, mais l’ordinateur sait que ce passeport français est lié à un passeport israélien donc je n’ai pas pu y aller. Mais j’ai pu envoyer mon équipe parce qu’ils sont français. Même si ça n’a pas été facile, j’ai réussi à les faire rentrer. J’avais tout préparé et je leur ai parlé avant sur ce que je voulais. Ils étaient accompagnés d’un journaliste français qui connaît le terrain. C’était une expérience extrêmement douloureuse, étrange. C’est comme ça dans le documentaire et pour mon film précédent (cf. Mur), c’est pareil pour certaines séquences où je n’ai pas pu me rendre à Gaza. Il y même une séquence avec quelqu’un à Gaza que j’ai dirigé par vidéo conférence. Il faut entrer par la fenêtre quand la porte est fermée. Alors c’est bien pour un entretien mais ce n’est pas possible de faire un panoramique sur un paysage par vidéo conférence. Ou alors si c’est possible techniquement, ça devient très compliqué et très cher et ce sont des choses que je ne peux pas me permettre. Donc, je fais confiance à mon équipe qui est formidable et avec qui j’ai l’habitude de travailler. Pour ces séquences, je suis là sans y être.
Rachel est aussi un film de la trace réalisé avec rigueur qui croise plusieurs sources documentaires …Comment les pièces de l’enquête se sont constituées ?
Simone Bitton : Ça a été long trois ans, avec beaucoup d’allers-retours que j’ai fait en Israël, aux Etats Unis, en Angleterre et en Ecosse où vit une partie des témoins. Le mot rigueur que vous employez me plaît. Pour s’attaquer à un tel sujet, si on n’est pas rigoureux ce n’est pas la peine ! Je me suis vraiment mise dans la peau non pas d’un journaliste mais d’un juge d’instruction. J’ai fait le travail qu’un juge d’instruction aurait du faire et les témoignages directs que je n’ai pas pu avoir comme ceux des soldats, c’est parce qu’on m’a empêchée de les avoir. Mais à part ça, tout ce qui se rapproche de leur témoignage direct est dans le film : leurs dépositions signées et la parole qu’ils ont donnée quand ils pouvaient encore la donner. Tout est là : toutes les versions, elles sont contradictoires, toutes les photos, il y en a beaucoup…tous les documents possibles, les emails tout, tout. Tout ce qui se serait amoncelé sur la table d’un juge d’instruction était dans ma table de montage. Y compris le médecin qui a autopsié le corps de Rachel, y compris le médecin palestinien dans les bras duquel Rachel est morte. Tout est là et il n’y a pas de commentaire. Je n’ai pas mis de voix du « Bon dieu » ou du réalisateur qui dirige et qui dit ce qu’il faut penser. Il y a un montage qui, je le pense, aussi est rigoureux mais qui donne sa chance à chacun. C’est ainsi que la porte parole de l’armée israélienne, parle dix minutes dans le film.
Oui mais quand on voit le témoignage d’Alice et celui de la porte parole de l’armée israélienne, l’émotion n’est pas la même. Alice m’a beaucoup émue par exemple.
Simone Bitton : Oui mais vous, c’est vous et quelqu’un d’autre ne ressentira pas la même chose. Je pars montrer le film en Israël et il est évident, qu’il y aura des spectateurs qui estimeront que les militants internationaux peuvent très bien mentir. Le spectateur n’est pas une page blanche et surtout pas sur le conflit moyen oriental. Il n’y a quasiment pas un spectateur qui soit une page blanche. C’est pour ça entre autres, que la rigueur dans les films documentaires qui traitent de ce sujet est une condition sine qua non. S’il y a la moindre faille dans cette rigueur qui de toute façon devrait exister dans tous les films documentaires, mais encore plus sur ce sujet, le film ne vaut rien avant même de commencer. Je le sais et d’ailleurs j’en suis très contente parce que ça me donne une leçon pour le documentaire en général. Moi je donne aux intervenants leur chance. Quand je donne la parole à quelqu’un, il a vraiment la parole. Je ne le coupe pas, je ne le manipule pas et je laisse le spectateur faire le travail et je lui laisse la possibilité d’être de mauvaise foi.
- Le documentariste n’est ni un historien, ni un analyste, ni un sociologue… Peut il se substituer au juge d’instruction ?
Simone Bitton : Non. Dans mon film, il n’y a pas de verdict. Mais ce n’est pas la peine de se raccrocher à d’autres disciplines. C’est un film documentaire. Et quand on dit « film enquête », il y a un peu le côté détective, Sherlock Holmes, juge d’instruction mais il y a aussi la mise en scène d’une voix, d’une parole. Comment on filme des objets, comment on filme des paysages et puis surtout comment on monte tout ça. Et là évidemment la subjectivité du réalisateur s’exprime dans le montage. C’est une subjectivité plus vaste que celle du détective qui doit dire « est ce que la preuve est bonne ? ». C’est une subjectivité qui interroge « qu’est ce qu’est qu’être jeune ? », « qu’est ce qu’un idéal, qu’est ce que la guerre ? », sur un tas de choses plus larges que ces professionnels que vous évoquez.
Je transporte le spectateur durant 1 h et demi et j’essaie de lui faire partager mes peurs, mes inquiétudes ; tout ce qui fait le cinéma, documentaire ou pas documentaire. Je lui raconte une histoire. Je suis un story teller. Voilà.
-Mais dans cette histoire, il y a une très jeune femme comme Rachel . Ce n’est pas rien du point de vue de l’émotion ?
Simone Bitton : Dans les motivations, je vous ai raconté ; il y en a une autre dont je me suis rendue compte après coup ; qui était moins consciente au départ. Rachel est un peu moi en beaucoup plus courageuse. J’ai l’âge d’avoir une fille de son âge. Et comme moi, elle a refusé que l’on opprime en son nom. Moi en tant qu’Israélienne lorsque je me range du côté de la justice pour les Palestiniens, je sors de ma tribu et surtout je refuse que l’on opprime, que l’on assiège, et que l’on bombarde en mon nom en tant qu’israélienne et juive. Et Rachel en tant qu’Américaine a porté à Gaza un autre témoignage sur l’Amérique. Parce que le Caterpillar qui l’a tuée était américain, les F16, les armes au dessus de sa tête comme les drones sont américaines. Pour tous les Palestiniens, l’Amérique c’est ça et pour les gens de Gaza en particulier. L’Amérique c’est les armes, l’avion qui détruit leur vie. Rachel est sortie des préjugés de sa tribu et, ça me touche très intimement. Je sais ce que ça veut dire. Je m’identifie très bien très facilement à cette figure du « beau traître ».
- Dans le dernier témoignage de l’anarchiste israélien je trouve beaucoup d’espoir.
Simone Bitton : Ca c’est la magie du cinéma ; vous avez quelqu’un qui résiste. Il dit qu’il résiste tout en sachant qu’il y a très peu de chances que sa résistance réussisse vu le rapport de forces, mais il dit qu’il le fait parce que c’est la vie, parce sans résistance il n’y a pas de vie. Son discours qui est d’une certaine manière désespérant à cause de la beauté des mots qu’il emploie et de la beauté de son visage et de la beauté de l’idée qu’il exprime, ça crée de l’espoir. De toute façon, l’image de la jeunesse, c’est comme dans la nature, quand on regarde un bel arbre et que l’espoir revient. La foi dans l’homme est là. Entendre un jeune homme si pur dire cela, c’est la beauté incarnée et l’espoir.
- Les parents de Rachel sont très émouvants.
Simone Bitton: Quand j’ai vu ses parents, j’ai pensé à un proverbe hébreu qui dit « La pomme n’est pas tombée loin de l’arbre ». Et c’est ça, quand on voit leur noblesse et leur dignité, on se dit qu’elle avait de la chance d’avoir de tels parents et que ses parents avaient de la chance d’avoir une telle fille. Elle ressemble à ses parents et ses parents lui ressemblent. Rachel était du côté de la vie. Elle n’est pas allée à Gaza pour y mourir. Elle y est allée pour aider les gens à vivre. Je voudrai ajouter que j’ai fait ce film en espérant que les gens iront le voir mais surtout que les jeunes iront le voir.
Propos recueillis par Laura Laufer